PLANETE CUISINE

Encyclopédie Culinaire et Gastronomique

Le Repas gastronomique des français

Le Repas gastronomique des français

Introduction

Qu’est donc le Patrimoine culturel immatériel de l’humanité et par qui est-il validé ?

C’est l’UNESCO qui a la charge de gérer les inscriptions au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité, elle en valide une cinquantaine maximum par an après avoir choisi d’instruire certains dossiers de demandes parmi les milliers qui pourraient être susceptibles d’exister.

Cette inscription reconnait le caractère spécifique à une tradition, un savoir-faire, un rite ou encore un art propre à l’humanité et devant être préservé. On peut dire que c’est une protection des arts et traditions populaires à l’échelle mondiale (repas gastronomique des français, l’uilleann piping irlandais, le rébétiko grec, le chant de Sana’a yéménite, le batik indonésien…)

A ce titre, le repas gastronomique des français a été inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité le 16 novembre 2010.

Cette démarche en France s’est vue initiée dès 2006 par l’IEHCA, l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation, situé à Tours. Une association loi 1901 a été créée début 2008, la Mission Française du Patrimoine et des Cultures Alimentaires (MFPCA), pour porter le projet.

Le repas gastronomique des français ?

La gastronomie et les arts de tables sont une composante essentielle de la culture française, le repas en France revêt une dimension sociale majeure.

Fêtes religieuses ou civiles, naissances, mariages, anniversaires, réunions de familles ou entre amis, tout souvent commence autour d’une bonne table joliment garnie de mets élaborés pour l’occasion et accompagnés de boissons en relation, souvent du vin.

Respect d’une tradition, plaisir du partage et de l’échange, renforcement du lien social, de l’apéritif au dessert, il est essentiel et à un point tel, que souvent lors d’un repas festif, les convives discutent de nourriture et des plaisirs de la table (c’est à en croire une particularité française - être en train de manger en parlant en plus de ce que l’on a mangé, de ce que l’on mange ou de ce que l’on mangera - qui étonne le reste de la planète).

Ce repas qui met à l’honneur les produits préparés est établi selon un schéma très précis. Il débute par un apéritif et se termine obligatoirement par un digestif, entre ce début et cette fin, au moins quatre plats se doivent d’être servis, une entrée, un plat de poisson et/ou de viande, un légume ou un accompagnement, du fromage et enfin un dessert.

Ce repas doit en plus être accompagné du décorum qui va avec, décoration de la table, choix adéquat de la vaisselle et de la verrerie dans son ensemble, attention aux produits cuisinés, accords mets et vins.

Réalité ou fantasme de l’existence du repas gastronomique des français

Réalité ou fantasme, il est difficile de dire si ce n’est pas une simple volonté politique de marquer cet espace encore vacant dans les listes d’inscriptions du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité ou bien une réalité historique de l’existence de ce repas tel qu’il est décrit.

Ce repas a en effet une réalité tangible immédiate nationale évidente et indéniable, mais est-il encore réellement pratiqué à l’heure actuelle en France ? Les temps changent, on consacre moins de temps au quotidien au repas et à la cuisine, la faute à une société où tout va vite entre travail et vie de famille. Les produits eux aussi se transforment, l’industrie de l’agroalimentaire tend à uniformiser leur qualité en standardisant les processus d’élaboration. Est-on donc dans la réalité du repas journalier dans ce repas tel qu’il est inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité ? Alors n’est-ce pas une image d’Epinal qui est proposée avec ce repas gastronomique à la française ou bien une réalité pleine et entière ?

Il y a eu débat aussi sur l’utilisation possible de cette inscription comme marqueur commercial et sur la possibilité de s’en servir comme d’un faire-valoir pour les restaurants français à l’étranger pour attirer à eux une clientèle. L’UNESCO a clairement indiqué que toute utilisation dans un cadre tel ne serait pas tolérable ni tolérée, position clairement entendue et voulue par la France qui revendiquait juste la reconnaissance de cette spécificité du repas convivial tel qu’il se pratique en France.

Au-delà de ces questions, il est clair que le repas et ses codifications en France est une réalité évidente, qu’il est un élément majeur constitutif de notre culture (sans oublier les apports extérieurs d’hier et d’aujourd’hui encore) et qu’à ce titre il mérite d’être inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité mais ni plus ni moins que des traditions culinaires issues d’autres pays (la pizza napolitaine, le régime méditerranéen, le pain d’épices de Croatie du nord, la cuisine nationale mexicaine).

Conclusion

Cette inscription est devenue presque un concours, en être lauréat dépasse la simple reconnaissance mondiale en tant que valeur culturelle pour servir d’image commerciale en quelque sorte.

L’UNESCO de par sa capacité limitée à valider annuellement le nombre d’inscriptions au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité lutte contre cette marchandisation de son image et vérifie qu’il ne soit fait un mauvais usage de sa validation.

Reconnaissance des savoir-faire mondiaux, certes, pour autant, les visées politiques ne sont jamais certainement totalement étrangères aux demandes déposées par les pays.

Article écrit par

Olivier Fournel (Admin)

 

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